L\'Insoluble

L\'Insoluble

Uunartoq

 

 

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Où les miroirs de faille, les yeux de source, l’affleurement

Où directions de contraintes

Où mon aiguille aimantée

 

(Inner Sanctum)

 

 

 

admettons
ça pourrait se finir ici et maintenant cette souffrance

 

une odeur d'écorce annoncerait le corps aimé
(il ne saurait même pas la beauté de son visage et de ses membres)
moi j'aurais fait courageusement face
au désir, à l'horreur, au malheur
une lampe allumée sur le ciel

 

ça pourrait se finir

et des pas sur le sable
me redessineraient
comme unique bien sûr
mais aussi cette idée d'affection

 

que nous sommes si bien ensemble
l'un pas si loin de l'autre

 

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chanson discrète et ancienne
avec des retours éternels
libre grand oiseau plein de cœur
tu ne sais pas
que chaque fois que la terre
de cette manière tourne
tu es l’oiseau des versants de ma joie

 

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oh ne demande pas le chemin vide
la vie est nue sans tes mots simples
sans ressentir au fond du ventre la couche mince d'affection
que nous sommes amis
ou plus
ou moins
mais amis
jusqu'à la fin des pierres
c'est au dessus de mes forces
mes pauvres forces de terreur au milieu de ces gens
quand je fuis les paroles
 
et puis j'écoute la beauté d'une phrase
ton mot étrange
sa résonance filtre la nuit
 
cette nuit de chaleur
entre deux mondes
 
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C'est inévitablement sur la crête qu'il est debout. Sur l'axe.
Où l'air libre s'aromatise de satiété. Le torrent étalonnesque. Et la roche dure.
Il contemple avec contradiction ses opposés nocturnes et de soleil.
Nord et couchant, ragga de sud.
Et les nappes infiniment rouges des pentes.

 

 

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 On conte souvent ses paysages. On a souvent pleuré qu'il n'ait
point voyagé sous notre pluie. Certains des doubles l'ont dit
calme.
Passeur à la fois lent, inaccessible, chargé d'ivresse dans ses
bourrasques sillonnées. Si somptueux, la nuit. Colline indienne sous
l'invasion des vides. En équilibre sur un quai.
Et la ponctuation terrible des femmes.

 

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Sans un détour et sans le vide des intervalles.
Ni loin, ni absent.
Entièrement dans la musique de ses ondes. Et qui accoste parfois. Se
joue de la solidité des portes.
Se brise douce, se fréquences graves.
S'arche de pierre.


Et mon repos si large sur le seuil, avec toutes les sources.
Où les terreurs sont reportées, les nuits confiantes. Vibrante écharpe blanche dans mes mains.

 

 

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De vie ou de mort

 

 

Ah, oui, les gestes! Sculptures de mains. Ruissellement retenu.
Ce mouvement de feu sur la colline.
Sans rien mentir.
Mais aussi l’être qui modèle dans la pierre et ses mots sur la feuille.

Et moi le front pensif posé dans la chaleur.

 

 

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Magnitude

 

 

 

ça ressemble à l’embrasement d’une faille
on ne sait pas comment la force se disperse, on sait la vie ultérieure
en quelques lignes sur quelques écrans électriques
des spectres
des curvatures, des pentes douces
puits des arrivées illisibles où je saurai trouver, dans le brouillard levant
le nom précis d’un départ

 

 

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ton écriture de lave au portrait d'ombre
celle ronde qui étincelle
a l’air d’ambre filé
d'ailes jetées sur l’air
d'océanites
elle plonge
racine éperdue
 
entreposé sur mes pensées
mon pays-branches est dans le calme
dans une imposition du cœur
dans une eau magiquement verte
 
il chante
 
------
 
je ne le dirai pas mais c'est ainsi
la page tourne morne et grise
même dans ces murs jaunes et si sensibles
où des rires tempétueux accompagnaient mes pleurs
(le rieur tu me manques)

je pars, mon clavier intime, et je t'emmène
aussi les fleurs cachées des roseaux les sons lisses des flûtes
(quand je jouais pour lui dans l'aube et que les arbres portaient
le dessin de son ombre)
le violoncelle est comme l'homme aimé si fort que je pourrais mourir
et pourtant silencieux, toujours lointain, toujours distant
le piano n'est plus

 

il est maintenant l'heure
de la blanche caverne

 

 

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il pleut


je fais semblant de protester mais que ma ville est belle
et les arbres
tout ce qui est encore vert regorge d'eau et de lueurs
arrondies sous les angles
et je reprends cent fois mon tributaire cent fois de mon chemin
mille ans passés de frustration
de ses paroles/proximités/de réunir
et bêtement, si bêtement-exaspérant qu'on se battrait


la joie sauvage de connaissance
qu'une lampe s'est allumée dans la nuit

et qu'enfin
on va pouvoir enfin


- enfin -


dormir

 

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il est possible que la fin approche
oui
mais comme je pensais hier à ces autres
ces souvenirs si noirs
si terrifiants
alors tu vois penser à toi
même à te perdre
(qui blesserait mon corps jusqu'au sang)
est d'une joie qui étincelle
car de toi je ne sais que justesse
je ne sais que chaleur
que savoir
qu'intelligence
 
donc si je peux dessiner le moindre de tes silences
la moindre de tes distances
la plus refermée de tes portes
 
ou sillonnant
le tissage éclairé de lueurs
l'odeur du bois et de l'écorce
ces mains dont je connais la forme
ces cordes dont je connais la voix
 
bref
tout le tapis de ce qui fait l'amour
 
tout cela fait que mes larmes
ne sont pas de mauvaises larmes
et que tu es
ce qui tiendra ma vie debout

 

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la colline aux verts sombres
où des faucons s'évasent
à cinq heures est remplie d'oiseaux
qui s'extasient sur la lumière

comme le coeur battant les yeux fermés
comme des mains ouvertes
pour le soleil
pour le si grand soleil qui plane au loin

mais je te jure
que l'oiseau n'a pas de joie plus profonde
qu'un seul mot de ta plume
effleurant la tendresse

et que je pourrais le lisant y vivre
les mains ouvertes
le coeur battant
jusqu'à la nuit

 

 

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j'entends la voix de ma conscience
pénétrant loin sous la surface
là où moi
petite taupe
je demeure

elle revient de si longtemps
que je ne sais plus qui c'est
mais c'était sûrement un arbre
un très bel arbre
un arbre doux, rugueux et odorant
qui faisait mal
qui se penchait là sous la pluie
et trouvait
sous la terre
tous les petits détails
dissimulés

sous la profonde terre où moi
petite taupe
je demeure

 

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dans toutes mes autres nuits celles d'après le passage
après l'hiver profond après l'automne triste
je me rappellerai
l'odeur d'écorce les champs de blé
l'intimité de vos guitares qui se disaient des choses simples


- comme il est vaste le monde et sa beauté tu te souviens -


je me rappellerai la danse fauve de ma joie
la lenteur des sourires
je suis un manuscrit qui ne se perdra pas


et où dans les futurs les plus indifférents on trouvera encore
ces maisons de papier

où j'écris que je t'aime



28/06/2017
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