L\'Insoluble

L\'Insoluble

soir

Le ciel s’enroule sur des nuages brûlants, et les cigales s’éveillent puis s’endorment, dans la nuit tombante. Pensées passantes, l’esprit sensible de Stormy de l’autre côté de l’eau, heureux et malheureux, épanoui puis ruisselant de tristesse. Pensées de toi aussi. Dans le silence. Pensées d’une présence critique et proche, douce et exigeante, vulnérable et acceptant de moi la vulnérabilité. Pensées de toi aussi.

J’avais oublié combien le spectacle est vif, dans l’air du soir, combien ce que très hâtivement j’ai nommé ma caverne est en réalité une agora. Parce que j’oublie les êtres animaux, et ils sont nombreux, rapides, pas inamicaux parfois, même les papillons de nuit prennent confiance à mes paroles, et la moucheronne se laisse toucher légèrement du doigt sur les ailes.

Par exemple, le ciel est rempli d’une foule d’oiseaux. C’est le mot : une foule. A peine je reconnais les derniers passages du rouge-gorge qui a fait son nid dans les églantiers, les formes différentes des corneilles et des ramiers, d’un éclair de geai. Et le ballet commence, des hirondelles. Je sais bien qu’elles ne le font pas exprès, mais des quelques mètres qui me sépare de leur chasse effrénée, je les vois lancer leur danse dans le rouge du couchant. Noires, noires, noires, noires, écrivent-elles de lignes acérées, et puis tsing !! deux ailes fauves dans le vent. On dirait des chats.

Stormy dit toujours que je suis coincée dans le présent, inéluctable. Je ne sais pas. Je verrais bien l’avenir d’un bonheur, ainsi, toujours, éternellement, avec ta large et discrète présence, silencieuse et d’affection, et les incommensurables équations des hirondelles dans l’air brûlant de l’été.



14/07/2015
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