L\'Insoluble

L\'Insoluble

Juillet 2018

J'ai finalement recousu quelques morceaux de terre, Le Buis, Aurel, Sault, Saint-Christol, Les Omergues, le Pas de Redortiers. Pour l'instant, ils tiendront lieu d'âme et de racines, en attendant l'ultime perte, que je refuse désespérément de voir, parce qu'elle me laisse sans un souffle, désemparée, sans tendresse ni affection...

 

C'est le pays de Giono. Oh, je ne l'aime pas tant que ça, Giono. L'homme, le personnage amer. Mais ses mots, mais le Hussard, mais mais mais.

C'est comme ça que dans l'aube je rejoins le Ventoux, au col de l'Homme Mort, qui n'est pas un homme en réalité mais un orme (est-ce moins grave qu'un arbre soit perdu), que je traverse la Drôme à Montbrun et que je rejoins le fertile Jabron. Ce matin, la belle rivière transporte la boue de l'orage d'hier, et le paradis verdoyant de la vallée s'enroule sans erreur, droite, jusqu'à Noyer.

 

Ensuite, c'est Digne, les gens, la foule, la Bléone, le Verdon et le Var.

La caverne blanche et fraîche de ma maison dans le nord de la ville, sur le piton rocheux.

 

J'ai recousu, j'ai essayé. Maintenant je n'ai plus d'autre choix que de regarder l'inévitable.

 

 

 



07/08/2018
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