L\'Insoluble

L\'Insoluble

écoles, suite...

 

 

Prenant mon baluchon je me balade dans les écoles pour visiter les M1 en stage. J'ai même réussi à y prendre froid, il faut dire que les passages constants entre salles surchauffées et couloirs glacés sont particulièrement efficaces pour ça.

Sinon, quel bonheur ces conversations, discussions, analyses de pratique avec mes jeunes futurs collègues ! on a vraiment l'impression ici d'être dans l'un des cœurs du métier, l'accompagnement qui se doit d'être intelligent et sensible envers les jeunes apprentis profs. Comment donner son regard extérieur et amener à décortiquer les pourquoi des comment de ce qui se passe dans le microcosme de la classe. Et là, oui, j'ai enfin l'impression d'être utile, mon expérience éclairant parfois les interrogations, ou même simplement les faisant naître, car il est parfois aussi important de se poser une question vraiment que d'y répondre absolument tout de suite.

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Au départ je m'étais dit, je ne peux pas, c'est trop dur. Et puis, bien sûr, j'y suis allée quand même…  Alors Karine et moi sommes à côté l'une de l'autre, pendant longtemps. On  réussit le vrai tour de force de ne jamais, pas une seule fois, une seule minute, parler de Michel, comme si son ombre n'était pas constamment présente dans chaque mur d'ici et à chaque détour de couloir. Et comme si le choc n'était pas encore bien là. Mais une infinité de petits gestes d'affection, et de regards, et de mots, passent d'elle à moi et de moi à elle, comme si on voulait tisser l'étoffe de cet après-midi pluvieux, de manière à ce qu'il ne disparaisse plus jamais. Et bien sûr, bien sûr, c'est aussi une manière de parler de lui.

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Lydia, Mohammed et Jean ont préparé des séances de sciences époustouflantes. En maths, je reste le formateur de profs, mais les deux garçons ont décidé de parler du système solaire et des séismes (les pauvres J ), et je ris du hasard qui me fait assister  à deux séances de sciences de la terre.

Notre longue discussion à quatre est un grand moment : Jean est un passionné, je me demande bien pourquoi il n'a pas fait des sciences de la terre de manière professionnelle, parce que sa séance sur les séismes est incroyable (maquettes, power point, explications précises et complexes), sans compter que les élèves ne savent pas comment faire pour exprimer leur enthousiasme, tellement ça les intéresse. Je suis scotchée : je ne pensais vraiment que la terre, et les séismes, déclencheraient une telle réaction chez des CM1.

Du coup, nous voilà tous à réellement chercher comment aller le plus loin possible : qu'est-ce qui va passer, que vont-ils comprendre, de quoi parler, aller jusqu'où. Nous sommes tous d'accord, après observation des réactions, que le nœud de l'histoire de cette séance c'est la relation entre faille, séisme et tsunami. Comment renforcer le lien, chez les élèves, entre les failles et les séismes, ce que n'a pas réussi à faire Jean.  Comment séparer séisme et tsunami ? Quels calculs ? Et dans la composition de la terre, s'arrêter à la croûte, ou bien parler de lithosphère ? Mais comment ? Ce n'est pas du tout simple. Aller sur le terrain ? Pour la création de la lithosphère, Jean a bricolé une fameuse maquette de dorsale animée, qui fait apparaître le nouveau matériau au fur et à mesure. Et la magnitude, qu'en faire ? Confondre avec intensité ? Ou non ? En profiter pour faire des multiplications par dix ? (ça leur ferait du bien, soit dit en passant J ).

Une incroyable impression en sortant de Rothschild. Je vois soudain la géol autrement. Et de ce côté-là AUSSI, c'est passionnant.



04/04/2013
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