L\'Insoluble

L\'Insoluble

Uunartoq

 

 

Introduction :

 

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il est arrivé quelque chose je ne te dirai pas

je ne le dirai pas non plus à tous les vents ça tu sais bien

(l’aiguail éparpillé très librement

le vert et bleu comme une ronce

jaspe et onyx

écharpes d’or)

mais il est arrivé quelque chose

 

c’était au moment du gouffre entre ce qui me guide et nous entoure

un jour de sable retenu et plongé dans la tristesse la plus grise

où je pensais qu’ elle était grave toute cette aube pleine

où tu étais debout

moi au milieu de mon vertige

au milieu de mes résonances et au centre des os

le lien posé comme une pâle évidence et qui rentrait dans la chair

on se dit qu’éternellement il ne sera peut-être pas utile de chercher

de voir des milliers d’autres âmes

 

non pas la peine

on se dit que pas la peine

que plus simplement

il est chatoyant de t’aimer et que ce ne soit pas

une incroyable infinité de lave chaude

que ce ne soit que quelques personnes les unes à côté des autres

dans une seule maison blanche

 

voilà, tout simplement à côté

 

et alors tous les aiguails tous les réveils

en tremblements de glace en frissonnances

tout cela que je ne te dirai pas sera marqué très noir et très luisant

dans un chemin de calme

où il se sera passé quelque chose

et où tu l’auras su

 

(2005)

 

 

 

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UUNARTOQ

 

Où les miroirs de faille, les yeux de source, l’affleurement

Où directions de contraintes

Où mon aiguille aimantée

 

(Inner Sanctum)

 

 

 

admettons
ça pourrait se finir ici et maintenant cette souffrance

 

une odeur d'écorce annoncerait le corps aimé
(il ne saurait même pas la beauté de son visage et de ses membres)
moi j'aurais fait courageusement face
au désir, à l'horreur, au malheur
une lampe allumée sur le ciel

 

ça pourrait se finir

et des pas sur le sable
me redessineraient
comme unique bien sûr
mais aussi cette idée d'affection

 

que nous sommes si bien ensemble
l'un pas si loin de l'autre

 

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chanson discrète et ancienne
avec des retours éternels
libre grand oiseau plein de cœur
tu ne sais pas
que chaque fois que la terre
de cette manière tourne
tu es l’oiseau des versants de ma joie

 

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ne me demande pas le chemin vide
la vie est nue sans l'arme simple de tes mots
sans ressentir au fond du ventre la couche mince d'affection
que nous sommes amis
ou plus
ou moins
mais amis
jusqu'à l'éternité
c'est au dessus de mes forces
mes pauvres forces de terreur au milieu de ces gens
quand je fuis les paroles
et puis j'écoute la beauté d'une phrase
ton mot étrange
sa résonance filtre la nuit
 
cette nuit d'été
entre deux mondes
 
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C'est inévitablement sur la crête qu'il est debout. Sur l'axe.
Où l'air libre s'aromatise de satiété. Le torrent étalonnesque. Et la roche dure.
Il contemple avec contradiction ses opposés nocturnes et de soleil.
Nord et couchant, ragga de sud.
Et les nappes infiniment rouges des pentes.

 

 

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 On conte souvent ses paysages. On a souvent pleuré qu'il n'ait
point voyagé sous notre pluie. Certains des doubles l'ont dit
calme.
Passeur à la fois lent, inaccessible, chargé d'ivresse dans ses
bourrasques sillonnées. Si somptueux, la nuit. Colline indienne sous
l'invasion des vides. En équilibre sur un quai.
Et la ponctuation terrible des femmes.

 

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28/06/2017
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