L\'Insoluble

L\'Insoluble

Magic Spellcraft

Il est parfois nécessaire, étrange et riche d'aller jusqu'aux régions extrêmes du monde, de parcourir, à n'importe quelle partie de sa vie, lisières et marches. Parce que souvent, c'est là que se passent les choses. Souvent, c'est là qu'est la musique (n'en déplaise aux journalistes guindés du fade concours de l'Eurovision).
Je ne pourrai pas vous conter ce qui a fait que je me sois un jour approchée des groupes de métal, car comme dit un personnage de roman anglais du XIXème j'étais déjà bien engagée sur la route avant même de m'apercevoir que j'étais partie . Sans doute lassée par la -pas tout à fait chaude- soupe habituelle des variétés et rocks divers, succédanés d'énergie, ou l'arrogance dépourvue de signification des œuvres à faire . Sans doute consciente qu'en tout musicien sommeille toujours l'attrait des profondeurs du corps, des instincts bruts et du soi primitif. Les extrêmes des extrêmes comme le black ou le trash réservent pour une habitante du milieu dit classique, comme moi, d'étonnantes découvertes, si on peut s'écarter des nostalgiques de l'épandage du sang d'animal ou des discours singeant les pro-nazi.






Le groupe Artefact en est à son second album, Magic Spellcraft, produit par Rupture Music. Son of solstice, auto produit en 2004, m'avait déjà surprise par des qualités incroyablement transversales : une imagination de composition sans cesse en éveil, le sens de la création rapide d'un univers, le jeu des couleurs, la maîtrise des rythmes, l'entente-symbiose entre les membres du groupe.
Magic Spellcraft poursuit avec encore plus de brio, trouve l'équilibre entre beauté pure d'invention mélodique et lourds riffs métalleux, mais allant dans tous les cas profondément plonger dans les racines du plus loin de l'humain qui ressent et se meut :

L'éponyme d'abord, à tout seigneur tout honneur, avec une intro très attirante par son rythme et son dynamisme, mais surtout par l'affirmation de l'univers féérique, fantastique, sombre et bizarre qui sera celui de tout l'album. Batterie impeccable et puissante, voix très typique du black mais bien posée dans les abîmes. Neolithic era explore des champs semi médiévaux (ah, les introductions d'Artefact !) autour d'une guitare acoustique nerveuse et précise, dont les influences de jeu sont visiblement très très larges, puis des solos, de guitare électrique cette fois, impressionnants. Altar of nocturnal forest, uniquement instrumental, assume avec détermination son côté elfique, sans aucunement détonner, tant on a compris que la féérie est liée intimement à toutes les inspirations ici, même les plus brutes.
Mount Doom, Hyperion, Eerie anthem, Higlandscape travel… pour le cas où nous n'aurions pas reconnu toutes les influences culturelles, littéraires et vidéo artistiques… Blizzard dwarf army commence par un tableau celtique, ce sont ici deux joueurs de cornemuse du groupe Carla musa qui tissent leur lignes mélodiques. Puis les modules s'enchaînent très rapidement, mais avec une logique imparable, chaque élément s'imbriquant dans le précédent puis dans le suivant avec rigueur. Episode parlé très beau, percussions gaéliques, jeu de miroirs des guitares. C'est sans conteste l'un de mes morceaux préférés avec Castle.

[b]écouter un court extrait de cette plage :
[lien]
[/b]


Oscillation, contemplation, énergie, concentration, l'univers des neuf très beaux tableaux de l'albumMagic Spellcraft traverse toutes dimensions et tous âges avec une habileté et un investissement sans faille. Une superbe réussite pour ce jeune groupe.

Large et sombre route à eux


le site du groupe de métal Artefact
http://www.artefact-metal.com

l'album est disponible à la FNAC
http://www.fnac.com/disques



28/01/2007
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 10 autres membres