L\'Insoluble

L\'Insoluble

Ludovic Kaspar

Recueil de lui à télécharger

ICI


et divers poèmes

poèmes de Ludovic Kaspar :




L'enfant à l'envers




Au temps des photos noir et blanc, tu avais déjà la tête à la renverse, p'tit gars. Tu balançais fort tes perceptions.
Moi je voulais pas jouer au cochon pendu sur les balançoires.
Le sang j'aime pas, enfin les tensions.
Toi, tu préférais qu'il te batte les tempes. Ce n'était pas une préférence, je sais. Mais la terre était trop petite pour toi.
Les filles dont tu mettais les sens à l'envers en reluquant sous leurs slips sont maintenant mortes ou bien mariées.
Tu m'as toujours intrigué p'tit frère. Je t'ai "bienveillé". Tu étais l'enfant à l'envers, celui que je n'ai jamais cent pour cent compris ; tes dérives, tes dérapages, tes motos, tes voyous. Mais je t'avais dans le sang.
Pourquoi tu n'as pas parlé, p'tit frère? Tu nous as joué un tour de cochon hier... en te balançant au bout d'une corde les pieds en bas.

Le gars est lucide, il a des lucioles plein les yeux.



---------------------------
Ténia


Ma solitude était totale
Elle l'est moins maintenant que je l'écris
Alors j'étais seul
La nuit je me laissais descendre dans un tourbillon d'abandon
Le monde était un torrent, un rapide de forces unies
pour me porter à l'amer, à la mort
J'avais la joie paralysante de me connaître seul

--------------------------------------------------------------------

Narcisse Hic

C'est la lune qui m'a parlé prem's.
Elle a léché mon petit nombril du monde et d'une voix de rayon pâteux,
elle a fait : même si tu couchais avec moi, je ne suis pas sûre que ça
changerait quelque chose.

Elle m'ennuyait.
Comment fait-on pour être aussi stupide?
Bonne question.
Une ébauche de réponse a pris la forme d'une ritournelle, inouï!
Moi moi moi je suis le Narcisse
qui arrose son alouette plantée
en territoire coeur-sourd
moi moi moi je danse la java
sur le dos de l'innocence ouin ouin
moi moi moi j'adore ma petite musique de pluie
quand elle pleure au soleil, HEY !
moi moi moi je m'éclate à l'ombre de ouam ouam ouam !
La lune s'est alors taillée comme une vaurienne. J'ai anticipé le couché
de mon âme de bouteille. Le jour brûlant entre les tours du parvis de La Défense. Le ciel amer comme délavé. Une belle journée de défaillance
annoncée. La ville commençait à fleurir sa pollution quand mes larmes
ont coulé, à sec. Il y avait un HIC pour le Narcisse.




21/11/2008
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 11 autres membres