L\'Insoluble

L\'Insoluble

La plage de reflets verts

 nous serons enfin proches et il n'y aura plus de séparation


mes haillons de poussière auront comme une peine juste
et puis tu me joueras tous tes chants de racines
où les feuillages tombent comme des êtres morts
de sombres étendages au fond des rues
une sorte d’Afrique sur les marches


un air sinueux qui s’écoule me rappellera des vieux amis de pierre
éparpillés dans le jeu des fontaines
et je ne pourrai que longuement pleurer
de ces catégories étonnantes de larmes qui ne sont pas tristes


car nous serons enfin proches et il n’y aura plus de séparation


plus de séismes enfouis
de déchirures
et à chaque seconde battante vers laquelle je tournerai mes mains
il n’y aura plus sous le mauve effrangé de l’abîme
qu’une grande plage de reflets verts sur laquelle notre maison sera faite
et nous n’aurons alors qu’à y porter nos meubles
comme deux voyageurs qui ont marché leur vie



05/04/2015
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