L\'Insoluble

L\'Insoluble

La photo

Un pianiste de jazz m'écrit tantôt et dit : "Quand tu es bloquée, travaille latéralement."

Je lui dis : "Comment tu sais que je suis bloquée, toi?"

Il dit : "Ben, tout le monde est de même, l'été."

Travailler latéralement c'est, au lieu d'avancer en technique un bout de chemin, ou en composition sublime (longitudinalement), on fait des petits trucs qu'on maîtrise un peu, et on en fait beaucoup, le plus

possible.

Et tant pis si on est mauvais, ça creuse dans la profondeur.

Quatre accords seulement, ou trois, ou moins, une petite ligne d'accompagnement, un petit texte par là-dessus,

ou pas si on veut pas chanter, seulement improviser, et pouf.

(Ouais, la voix ça sort pas, j'ai une crève, mais

on s'en fout c'est juste pour tester.)

Donc le truc d'aujourd'hui, c'est sur une photo.

 

 

Ecouter cette chanson

 

 

 

 

sur la photo y a un visage

que j'ai souvent dessiné

dans ma maison par temps d'orage

dans les heures du plein été

l'été rempli de solitude les années où les dieux se fâchent

ont de noires sollicitudes et des réflexes de sauvages

oui c'est bien toi, toi

cet ami que j'ai sur terre ancré aux dimensions paires

de ma confiance et de mes peurs

 

le profil droit la ligne claire

tu es surpris dans ton chemin

tu as l'air un peu trop sévère

du musicien qui va son destin

le destin t'a pas raté non plus y a pas que moi de broyée

pas que moi de blessée pas que ma vulnérabilité

il y a aussi toi, toi

cet ami que j'ai sur terre ancré aux dimensions paires

de mon désir de mes détours

toi, toi

seul ami que j'ai sur terre ancré aux dimensions paires

de nos vies et de nos amours

 

 

 

 



03/07/2017
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