L\'Insoluble

L\'Insoluble

Comté de Venasque, mai 2010







C'est le printemps, le vrai, pas celui des petites fleurs et des z-oiseaux gazouillant dans la verte prairie. Celui des instabilités, des sculptures blanches de nuages, des tremblements de températures, des tempêtes sur la méditerranée, violentes et noires. Des pluies, des coups de chaud, insupportables. Du mistral au souffle glaçant. Des mauvaises humeurs et des agressivités, des coups de poing, des cris.

 

Plouf, juste une image, je suis dans cet espace interminable d'autoroute entre le rocher de Roquebrune et la Sainte Baume, entre averse et orage, ma copine chatonne qui maugrée dans son coin à l'arrière de ma voiture, et les sept petits pommiers francs qui ne disent rien, eux, polis, et pourtant ils auraient de quoi, ça fait au moins la troisième fois que je les transplante dans un espace de terre plus grand, tellement ils grandissent vite. Là, j'ai craqué, tristesse au cœur, je vais les planter loin de moi, mais en pleine terre, de peur qu'ils ne finissent par mourir dans mon appartement. Ce sera quand même aussi chez moi, sort of, (home is where the heart is, but the stars are made of latinum), sauf que je ne les aurai pas tous les matins devant les yeux, bondissant et joyeux du soleil et de la lumière.


Mais bon, hein….


Et c'est là que je me dis que le printemps c'est quelque chose. Un  monstre. Une énorme insurpassable machine à tisser, construire, créer, bouger. J'en ai presque peur, alors que devant moi défilent l'incroyable extraordinaire VIE de cette campagne fertile, Var et Vaucluse, Vaucluse surtout, mais Var aussi. Des jardins, dans le sens batailleur .

 

C'est bête. Ces deux départements sont juste des Tupperware à touristes, alors qu'ils devraient être parmi les jardins de l'Europe. Ils pourraient nourrir tant de monde, si on en croit la prétention de la terre brune, riche, vieille et molle, pleine de tout, éclaboussante de racines, feuilles, fleurs, lombrics, escargots, machins, trucs, de vraiment tout, végétal, minéral, animal, esprit, âme. Sous la chaleur et la pluie, le soleil et la lumière.

C'est vraiment bête, de détourner les choses comme ça.


Quand j'arrive entre deux poches de mauvais temps, le jardin s'étale, longuement mystérieux, de tout ce qu'il médite.





J'ai déjà du parler de ma stupidité, le jour où j'ai voulu planter un châtaignier dans mon jardin, alors que celui-ci a une terre à dominante calcaire. Bref.

Seulement, les voies des châtaigniers sont impénétrables. Et en plus, cette année il a été quasiment tout le temps sous la neige. Résultat, eh bien, il a apparemment décidé de faire un bout de route avec nous :







Presque dans le même temps, je plante mes petits églantiers, bien sûr, pour les cynorhodons.
Tellement obnubilée par les cynorhodons que j'oublie que les églantiers, ça fait aussi des.... églantines, cette perfection absolue des buissons.
Dire que je suis heureuse, là, dans l'herbe, à contempler les délicatement roses et blanches créations de mes arbustes, c'est un grand euphémisme.















Et la lune descend sur le temple qui fut









16/05/2010
2 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 11 autres membres