Contempler la mort (1)
Le véritable péché originel, en quelque sorte, est celui qui consiste à tuer, détruire, pour pouvoir survivre : cet animal, cette tige d'ortie ou plant de salade, ce grain de blé. Au départ cela apparaît comme notre condition humaine seulement, mais presque tous les animaux, et même presque tous les êtres vivants y sont assujettis. Quelles sont, pour nous, les sortes de nourriture qui ne sont pas prises violemment, au dépens de quelqu'un d'autre? (d'un veau, par exemple...)On dirait que cette violence, cette destruction, forment chaque fois une sorte de traumatisme, filet de malheur à partir duquel nous devons courageusement continuer à bâtir ce que nous pouvons de vie.
Mais si tous les êtres vivants y sont assujettis, je retrouve ici la pensée de l'union entre vie et mort dont parle Octavio Paz dans le Labyrinthe : vivre est forcément se frotter de très très près contre la mort. Et ces deux idées mises l'une aux côtés de l'autre forment quelque chose de bizarre, dont on a envie de découvrir l'unité.

Commentaires
flo le 01/09/2008 à 15:57:25"Et ces deux idées mises l'une aux côtés de l'autre forment quelque chose de bizarre, dont on a envie de découvrir l'unité."
Oui, même si je le formulerais différemment, sans le mot "bizarre", mais avec le mot "mystérieux" à la place... je comprends assez ce que tu veux dire.
Et peut-être que d'une certaine manière mourir est aussi se frotter de très très près contre la vie. car finalement quand vivons-nous vraiment, pleinement? Sinon quand nous ne sommes pas dans la survie, dans le calcul de vie, mais dans la vie extrême.
isa le 01/09/2008 à 22:22:32
peut-être que mourir est de frotter de très très près à cette chose qui est à la fois la vie et la mort...