18 mars 2008
Je me rends maintenant compte à quel point il est difficile de voir disparaître ceux et celles qui, bon gré mal gré, se sont tissés à notre vie...Hiver 1979 : Marie-Claude est dans l'atelier d'Henri Morel le sculpteur, elle travaille ces blocs de noyer que j'ai vus entreposés si longtemps dans le garage. Dans la neige et le froid intense du Vaucluse en hiver,1979 est une étrange pierre de taille, borne d'un parcours intime qui m'amènera finalement à choisir une grande route.
Ma maison de Pernes à l'époque, la Marie-Joseph, une grande bâtisse inchauffable entourée d'un jardin, n'est séparée du petit atelier de Morel que par la Nesque, et la maison des Cunty où Anne, Pierre et moi passons des veillées d'hiver à hurler de rire au jeu du dictionnaire (en vrai, celui-ci).
La cheminée de la maison est réservée pour cuire les châtaignes, et pour d'autres veillées, musicales : André Chiron joue et chante, Morel parle de faire des tambourins, déjà. Dans la pièce à côté, jouer du piano avec les doigts gelés est si difficile que c'en est une souffrance, le sang qui circule fait mal.
1979, je prépare le CAPES, je fais à Valréas une rencontre, je vais à pied dans les montagnes vers Coumboscuro.

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