maths
Pour toi, je suis allée un
peu vers la serrure de métal gris, celui qui serre mon poignet et dont les deux
lèvres se caressent.
Et pour toi le pinceau d’une lampe, compréhension intime et retournée de ces
tremblements très lents ou telluriques.
Mais je souffle...Toucher déjà de loin ce chapiteau tendu
des infinités sous des membranes.
Rapidement je calcule des dimensions mathématiques pour te recouvrir de soleil.
j'ouvre la fenêtre
je te le raconte j'ouvre la fenêtre
alors comme je suis penchée parmi les arbres
leurs ramées oui leurs ramées longues d'autochtones
un peu violettes
un air violet descend le long et puis retourne en même temps
comme dans un bois d'eucalyptus
au puits de sable sur l'encre verte des nuages
et c'est comme ça que tu es pour moi
je te le raconte c'est comme ça
Il
y a ce grand manteau fait de corde et de pierre et fait d’une odeur neuve (la
résonance le soir nous a vibré contre tout l’arc de la planète, et le manteau
nous a ouvert tout seul les paysages)
Il a certainement neigé, nous avons écouté le côté d’Est, nous l'avons glissé
lentement,l’éternité, le son, les cordes, le mur étrange.
Je vais jusqu'au dos de la mer, énorme pont de bleu mais
courbe des sommets, tout son choc d'être là, ce là d'éblouissement et le reste
en empreintes. Détails de gravure sans autre unique pertinence, le reste.
Et je viens sur une ville sans sommeil ma peau d'espace est en sueur, ma peau
violente émue de toute une autre phrase, de ta lumière maintenant épuisante et
qui prend forme sur le vide, le doux animal de l'hiver enfoui dans la terre,
envers un abandon sans volonté. Il est très tard, et brusque, et en désordre.
Une brève concentration de
feuilles.Il est possible que je ne parle plus, que de longs pans de lueur
blanche disent mieux, énoncent quoi ? leurs deux filins se balançant au
choc du souffle, souplement, d’un endroit lent à l’autre sur le mur, devant la
vitre.
Sous le vent, sous mon écorce, sous un lieu sans occurrence, ou qui dirait
vraiment, lui, les choses -je n’apprends plus mes dictionnaires-
Et je recherche avec insistance un geste fin de resserrer ta forme contre moi,
que ça vibre simplement, tout une inférence que nous ne sommes plus d’ici.

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