the bright side of the moon

cette nuit, j'ai une hallucination auditive... Il me faut du temps pour le reconnaître, tellement mon cerveau a cette habitude de baigner dans le bruit de la ville, et dans le bruit de la ville il y a toujours de la musique
ainsi je me réveille  en pleine nuit, en pleine lune, avec cette musique qui n'en est pas, que j'entends distinctement , même éveillée, mais qui ne peut être là pourtant
je la reconnais, elle est belle, elle est familière et amie,mais mon cerveau embrumé n'arrive pas à imaginer comment ces notes peuvent me parvenir au milieu d'une maison dont tous les habitants sont, de manière évidente, plongés dans le plus profond sommeil
je finis par accepter: bon, tant pis, j'ai une hallucination auditive, merci de venir ainsi me visiter dans cette nuit spéciale, sois la bienvenue, fais comme chez toi...
un peu plus tard (parce qu'à mon âge il est difficile de se rendormir quand quelqu'un vous a réveillé de son aile en passant à l'orée du matin),et alors que la musique s'est tue, je vais à la fenêtre de l'ouest :
dans le gel de la nuit, le globe étincelant de la lune s'est installé au milieu du ciel, éclaboussant, tout le reste est d'encre sombre, même les étoiles, le long plateau sauvage, la montagne au loin, le chemin de pierre, les buissons de ronces et les genévriers
et là

là,

au plus profond du silence, j'entends le chant incroyablement volubile d'une alouette

je me demande, je regarde, je sens, j'essaie de deviner : comment, mais comment cet oiseau sait-il, alors que tout est définitivement noir, que le jour est en train d'arriver?





Article ajouté le 2008-01-05 , consulté 278 fois

Commentaires


flo le 07/01/2008 à 10:07:55
Souvent, adolescente, je me levais avant l'aube pour réviser ou faire dans l'urgence mes devoirs avant la classe. Il venait un moment, juste après le silence habité de la nuit, où tout se taisait, puis d'un coup, le concert des petites gorges d'oiseaux, minuscules, mais d'un reflux immense, envahissait tout l'espace. Et cela continuait ainsi une demie-heure.. puis... le silence se faisait, chaque bec se tenait coît, et seulement ensuite, dans cet apprêt de ferveur, les premières lueurs, plus pâles, de l'aube filtraient de l'horizon. Le silence était parfait jusqu'à ce que le jour soit certain. Alors seulement, mais de manière plus disparate se faisaient entendre le retour des piaillements des oiseaux.

Ils savaient... et ils communiaient avec moi leur goût du jour avant le jour. Et je n'ai rien oublié de cette oraison là.
isa le 08/01/2008 à 09:27:41
c'est bizarre, hein, cette connexion qu'ils ont entre eux et avec la lumière !
ici, à mon travail, l'hiver, avant que les migrateurs ne s'en aillent, et quand ils sont revenus, il y a aussi de ces moments sublimes où tous les oiseaux sont dans les arbres, et puis, tout à coup, sans qu'on sache pourquoi (sauf que c'est à la fin du jour),ils se taisent tous en même temps, c'est très impressionnant...

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