2 octobre 2007

Bon anniversaire, François, si tu passes par ici... :-)

Finalement, j'ai réussi à récupérer les nouvelles de Magali. Elles se promenaient entre les bureaux de la poste niçoise, le facteur n'était pas monté chez moi sous le prétexte le plus fallacieux qui soit, pas de sonnette paraît-il, ah bon? mais hein c'est pas grave, puisque j'ai fini par mettre la main sur MES beaux dimanches. Bizarre, moi qui suis en pleine plongée dans l'anglais du XIXème en ce moment, puisque revisitant les soeurs Brontë, Charlotte surtout, j'éprouve un immense plaisir à lire le beau livre en français de Magali Duru





Même si parfois je mets en doute une sorte de mode obligatoire, donner aux histoires la fin la plus gore possible, alors que certaines autres fins, comme celle des beaux dimanches, justement, l'éponyme, fait sourdre une quantité incroyable d'émotion, tout en étant parfaitement prévisible et pas plus sinistre que le reste. On ne dira jamais assez la tyrannie de la chute.







et je continue Villette...

Curieuse de savoir ce qui inconsciemment m'a attirée là-dedans cette fois-ci. Et j'ai trouvé, oui  j'ai trouvé. L'espace narratif ici est séparé en trois, Charlottte Brontë elle--même, la narratrice Lucy Snowe, et Lucy Snowe le personnage qui vit et agit. Et cette trinité permet, non pas à l'auteur mais à la narratrice, de créer son propre espace de narration. Alors qu'elle ne comprend pas grand-chose elle-même à sa propre vie, alors aussi qu'on ne lui permet pas de vivre grand chose, le fait de raconter permet à Lucy de réinventer son propre espace, de le créer, de le faire devenir réel.

Puisque rien n'est réel, puisque tout est flou et dépend de points de vue divers, c'est à moi-même de créer mon propre espace narratif, de "raconter" ma propre vie. Et d'y mettre tout ce à quoi je crois, sur moi et sur le monde.
Et en fait, personne ne peut le faire pour moi. Personne ne DOIT le faire pour moi : ni ma mère, ni mes étudiants, ni l'homme que j'aime ni mes amis proches. Et c'est un travail. Et si je reste consciente que cela n'est que mon espace narratif personnel, cela me donne tout de même une force incroyable et une existence incroyable.





Article ajouté le 2007-10-02 , consulté 709 fois

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