2 juin 2007




--Notes en bas de page, journal de juin--
(Stéphane Méliade)

La chaleur
en passant tout près
a renversé quelque chose

Elle joue
elle joue à ne pas être là
je lui ai annoncé mon retour
je revenais de si loin
qu'en allumant la lumière sur le porche
elle me parvenait avec une seconde d'avance
en sautant par-dessus une haie de prières

elle joue
tempêtes pour rire éclats de temps visions calmes
elle joue à juin dans l'odeur des pivoines

Sans aucune sonorité
quelque chose se met à rire
une grande maison aux colonnes d'amis
très blanche sous le ciel sombre
on y vient de tous côtés
en pressant le pas avec des bruits qui se répondent
la fête est si belle on s'envoie de l'eau tendrement

Il fait chaud
juste assez
juste pour nous
seulement ici

Quelque chose vient de se passer
et se passera encore
des clés qui tombent un retard des choses qui se croisent
dont on reparle longtemps après
quand la chaleur revient
après avoir fait plusieurs fois le tour de tous les autres lieux

La maison joue à la vie
je fais partie du rituel
tout est caché tout se voit tout participe à l'édifice
la maison joue à juin parquet de parfum
les pivoines s'ouvrent elle joue je grandis d'un coup
j'observer
celui que je suis devenu

Cette nuit j'ai l'air aussi vieux que les volets
riche en intonations je suis drôle en gris
comme ces détails dont on reparle tout de suite
elle joue elle joue avec nos pas qui sonnent juste
elle rend les choses plus faciles
pour nous qui rions gravement
en montant l'escalier un verre à la main
peu importe ce qu'il y a dedans
on se boit les uns les autres en regardant le ciel
en se désignant des époques
qui ont changé de place
mais qui brillent

02-06-2002

poèmes de Stéphane Méliade dits par l'auteur





Article ajouté le 2007-06-02 , consulté 378 fois

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