la plage de reflets verts
nous serons enfin proches et il n'y aura plus jamais de séparation
mes haillons de poussière auront comme une peine juste
au plus cassé des fermetures sous le sable
et puis tu chanteras tous nos chants de racines
où les feuillages tombaient des murs comme des civils blessés
de sombres étendages au fond des rues
et une sorte d'Afrique sur les marches
un air lancinant qui s'étire me rappellera ces vieux amis de mer
éparpillés dans le jeu d'échec des fontaines
des éternels enfantillages doux
et alors je ne pourrai que longuement pleurer
de ces catégories étonnantes de larmes qui ne sont pas tristes
car nous serons enfin proches et il n'y aura plus de passage glacé
plus de villages enfouis
ni plus de déchirure
et à chaque seconde battante vers laquelle nous tournerons nos mains
il n'y aura plus que sous le mauve effrangé de l'abîme
une grande plage de reflets verts sur laquelle toute notre maison sera faite
et nous n'aurons alors qu'à y porter nos meubles
comme deux voyageurs qui ont marché leur vie

Commentaires
flo le 03/11/2009 à 17:11:47J'avais manqué ou oublié ce texte et il me saute à la figure tellement il est beau...
flo le 03/11/2009 à 17:12:00
J'avais manqué ou oublié ce texte et il me saute à la figure tellement il est beau...
isa le 04/11/2009 à 10:01:39
merci chère Flo !