Dans la nuit grise de métal

j'ai bien cru ne plus jamais revoir

la couleur de la mer le soir

(Michel Berger)



dans la nuit grise de métal

au fond des montagnes coupées

des pieds en sang

presque une lampe se réveille

il devrait y avoir aussi le ciel et la terre

il n'y a pas

la lampe est irrémédiable

mais il est possible de parvenir enfin jusqu'à la mer

ici la route est dans le noir

avec des frères qui  réchauffent leurs mains tout au-dessus des feux

je me demande si tu fumais

je crois que oui près des rouleaux de vagues

le monde décidant d'être extraordinaire

puis sa tendresse infinie s'écoulant pure entre les jambes

et le sable mouillé d'un animal

mais moi j'appuie ses feuilles dans mon dos

dans tous mes yeux

comme une lampe irrémédiable








Article ajouté le 2006-12-14 , consulté 324 fois

Commentaires


Ile le 14/12/2006 à 23:08:21
Je ne sais pas ce que me dit ce texte ce soir, mais je sais qu'il me dit. Parce que je suis rompue, parce que je vais pauvre, parce que je suis au loin dans l'île et que tes mots sont comme un silence de paysage réparateur. Merci.
Isa le 14/12/2006 à 23:43:51
bonsoir chère ile, j'essaie aussi de savoir ce que je dis moi-même exactement là-dedans, ce n'est pas entièrement clair
(tu es rompue? j'espère que ça va quand même...)

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