Elle dit



(pour Dominique)



Elle dit : tu n'as pas de prise de terre, de ces puissants courants telluriques qui embrasent les abîmes

Il dit : je ne suis pas là

Elle dit : viens

Il dit : tu es vulnérable. Un homme de terre de bouleverserait, tu ne sais que ne pas aller jusqu'au bout, tu ne sais qu'avoir peur

Elle dit : nous sommes du même peuple, nous avons les mêmes froideurs, les mêmes chagrins de ne pas être perçu

Il dit :mon amour a besoin de moi

Elle dit :comme un saint illuminé, comme une madone à l'enfant

Il dit : cela fait si mal

Elle dit : je ne pense pas lorsque je t'écoute, je suis tout réceptacle

Il ne dit rien

Elle ne dit rien

Ils ne sont plus là depuis longtemps



Article ajouté le 2006-09-09 , consulté 354 fois

Commentaires


Ile le 10/09/2006 à 23:43:58
Je rentre du Festival du Livre à Colmars-les-Alpes. Après 2 jours très sympathiques et la luminosité superbe d'une fin de soirée sur les pierres de la Citadelle, arrivée à Nice je lis ce texte et j'y trouve la même étincelle du vivre plein. Ta dernière phrase est
superbe.
Bises
Isa le 12/09/2006 à 13:01:29
Ah je connais bien Colmars les Alpes, un souvenir important de ma vie y est lié, c'est une très belle toute petite ville avec ses remparts gris bleu. J'aurais bien aimé y être, sauf qu'en ce moment c'est plutôt la panique
Merci d'être passée

Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Poèmes d'I. Servant "

Retour aux articles