Philippe Landreau
La dernière île avant l'hiver (Dilah)
"Look at the ants "
Cela commence sur un seuil et les villes sont très loin au profond. C'est
toujours le même fanal qui invente la route et le même poème qui tremble ses fumées immobiles.
" I will never go back "
Qu'est ce que l'on peut dire à celui qui a perdu en lui son continent et tous les autres? Il ne fallait pas craindre de retourner ces villes dans leur sable, y recoller le dos cassé des lunes et dans la tapisserie les fleurs violentes de la pluie. Chemins de berges et jardins d'eau pour puiser le silence. Il faudra remonter à l'envers les mécanismes des pendules, ce ne sont que de simples rouages comme toi, après tout.
Tu es dans un autre pays que tu croyais lointain mais tu as toujours le même caillou, en filigrane au creux des mains. La citadelle est sur les hauteurs.
D'ici les hommes ne sont que des fourmis. Resteront derrière La porte toutes les ombres lentement déshabillées par l'eau mouvante des vasques des lampes.
Quelqu'un a écrit sur le mur:
" C'est toujours la même nuit "
En nous, nous descendrons cueillir cette encre qui retient les soleils, avec
ce peu de sel dilapidé, ces lueurs tamisées, ensablées des phares sur nos
paupières.
Très tôt dans le matin lorsque tout au bleu s'efforce, quelque chose est
compté que ravivent les mots, quelque chose est pesé, dans les balances du vide.
(Angarie)

Commentaires
Antoine site : monchatonmonami.blog4ever.com | le 23/09/2009 à 22:51:59Re bonsoir. Très joli texte. Je vous souhaite de passer une très bonne soirée. Amicalement Antoine