Ce que j'apprends de l'écorce

Ce que j’apprends de l’écorce

 

 

tu as fondu le jour je vois tes pieds nus je chante

je vais au nord dans toutes tes traces

je puise sur la route un signe que tu passes

signe de terre où l’ancien âge de nos vies nous revenait

ma lame en pierre, une peau brune, ta peau foncée

je bois toujours aux peaux des sources

que tu longes dans tes muscles secs

des peaux environnées d’un infini couteau de bronze, celui

des phrases dont tu ne te souviens certainement pas

quand on était au matin gris

à remuer si patiemment l’écorce, et tout ce que tu m’apprenais

tout cela maintenant nous retourne

à l’heure où le chemin de nos maisons s’écrit



Article ajouté le 2009-05-22 , consulté 236 fois

Commentaires


Serge le 23/05/2009 à 13:27:44
Sous l'écorce de tes mots on perçoit la délicatesse de ton âme(j'allais dire la fragilité, la vulnérabilité), surtout, ici, dans ce texte.
Ile site : un-violon-sur-la-mer.over-blog.com | le 24/05/2009 à 15:31:22
J'avais vu ton texte sur l'Auberge de Flo où je passe toujours lire avec attention les poèmes et les textes à plusieurs (ça je suis incapable de faire !!!)et j'avais lu ton poème que j'ai beaucoup aimé. Je te reposte donc le commentaire que j'avais mis là-bas :

Dans ton texte Isa, pour moi il y a une porte de magie, je voudrais le dire autrement mais je ne sais l'exprimer qu'ainsi. En fait, je ne sais pas de quoi ni de qui ça parle, mais je sens le gué vers un paysage spécial, quelque chose entre la mythique et un entre-deux monde. En effet, une musique, qui fait "passer" avec aisance et sérénité à la découverte d'un autre langage compréhensible malgré sa langue différente. Je le trouve très beau.
Bonne journée à toi, à Serge et à ceux qui passent ici.
isa le 24/05/2009 à 17:24:13
coucou, Ile et Serge, merci beaucoup de vos encouragements, ça me touche beaucoup !
Fragilité et vulnérabilité, certainement vrai, mon âme est certainement comme cela, Serge.
Je me demandais quand même si des textes permettaient de voir l'âme de quelqu'un, je ne sais pas, est-ce qu'il suffisent? Je ne trouve pas . Un fragment, oui, sans doute, mais c'est tout.
Serge le 24/05/2009 à 18:32:49
Comme l'âme ou le coeur d'un être sont des puits sans fond on n'a certainement accès qu'à des fragments de ceux-ci (surtout à travers les mots). Tu noteras d'ailleurs que j'ai utilisé le verbe "percevoir" comme on entraperçoit un détail caché. A mes commencements je refusais que quiconque lise quoi que ce soit de ce que j'écrivais. Même encore maintenant il m'est plus facile de le divulguer sur le net que d'en faire part à mes proches. Alors si, Isa, je crois bien que dans l'écriture on se dévoile(à moins que ce soit l'inverse) mais jamais complètement,bien sur.
Bonsoir à toi, Ile.
isa le 24/05/2009 à 19:36:04
je demande ça parce que je suis perplexe : je connais de très rares cas de gens qui écrivent de très beaux textes (je pense en particulier à deux, qui écrivent des textes courts et profonds, disant un très juste et précis regard), mais dont, après des années de fréquentation sur le net, j'ai une impression absolument exécrable (arrogance et ignorance, grossièreté, violence). Pour ces gens-là, est-ce que j'ai vu leur âme dans leurs textes?
isa le 24/05/2009 à 19:40:51
ce que je suis en train de dire, au fond, c'est qu'un auteur peut 'mentir' dans ses textes, et que donc il vaut mieux se méfier avant d'y voir son âme...
Serge site : http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/05/23/reviens-jules-ferry-ils-sont-devenus-fous/ | le 24/05/2009 à 22:55:00
Tiens, Isa, quelque chose qui n'a absolument rien à voir avec ton beau poème et ses commentaires mais qui devrait t'intéresser : je l'ai mis dans l'adresse du site/blog sinon ton blog n'en veut pas.
isa le 24/05/2009 à 23:20:54
j'ai lu l'article, Serge, il me paraît on ne peut plus exact et pertinent, et d'actualité immédiate; par exemple, on est submergé de mauvaises nouvelles sur la réforme, par des régressions démocratiques, par ceci par cela... et on ne fait pas grand chose. Faut dire qu'il y en a tellement, TELLEMENT, que je ne sais même plus par quoi commencer. Parler de quoi, d'abord? des camps de rétention? de la disparition prochaine des juges? des Grenelles à la con? du flou dans les épidémies? de l'industrie pharmaceutique appuyée par le pouvoir? de la télé manipulée? de l'augmentation des salaires des politiques? des suicides chez Renault? du chômage? de la christianisation de l'éducation? de la suppression des maîtres du spécialisé? des enfants emprisonnés dès douze ans, et interrogés au commissariat dès six ans après avoir été accueillis dans leur école par des flics en uniforme? du paquet fiscal? etc. etc. etc. etc.
face à ça, je ne vois que la grève... ou bien le vote, pour les européennes, mais ça ne semble pas beaucoup bouger. Oui, c'est vraiment décourageant.
Mahatma Bandit le 02/06/2009 à 03:03:07
Mmm... un auteur, c'est un industriel :) Si si, au sens premier du terme : il transforme une matière première. Il n'est ni menteur, ni diseur de vérité, je ne crois pas que ça se situe sur cette échelle-là, chère Isa. Il transforme, c'est autre chose.
Dans un bon livre qui te parle et te touche profondément, à mon avis c'est ton âme que tu vois, pas la sienne, il te la révèle un peu plus. Bon, il peut aussi t'emmener sur une sorte de terrain de rencontre entre la tienne et la sienne (un peu comme les ensembles qui se conjoignent en partie qu'on montre en CM2 en maths :)
isa le 03/06/2009 à 23:16:38
tu dis plein de choses, et différentes, voyons...

D'abord on ne part pas de la même prémisse. Toi tu pars de l'idée que quelqu'un qui poste un texte est honnête, c'est-à-dire qu'il va poster un texte qui est le fruit d'un travail poétique, d'une émotion, qui est là pour être lu certes, mais qui ne fait pas partie d'une manipulation.

Moi, non. J'observe souvent des textes qui sont postés dans le but d'obtenir quelque chose, parfois sympa, d'ailleurs, la chose, mais parfois pas du tout. J'observe que certains postent des textes d'une manière stratégique.
Et c'est pour cela que je dis à Serge : tu n'es pas sûr que je sois honnête, tu ne me connais pas assez bien pour cela, ne sois donc pas trop rapide à penser que j'ai mis dans mon texte un reflet de mon âme.

Car si l'auteur n'est pas honnête, il peut se servir de sa compétence d'écrire pour faire croire que ceci ou cela, il peut mentir. C'est en ce sens que je le disais.


Maintenant, admettons qu'on pense que la personne est honnête. Dans ce cas-là, ta belle image de l'industriel fabricant ou de l'artisan, qui me fait penser à la forge de Princesse Mononoke, est tout à fait juste. Il transforme, et donc des éléments vont se trouver modifiés, vont évoluer, changer. Phénomène magique qui fait apparaître le texte comme un être vivant.
Ce que tu dis ensuite, mon âme apparaissant et non celle de l'auteur: je ne sais pas, je ne trouve pas, je trouve plutôt que c'est ni l'âme de l'auteur, car elle est transformée par le processus que tu as décrit, ni celle du lecteur, car l'effort de se connecter à ce que dit l'auteur le change lui aussi forcément. C'est donc une troisième âme, comme la note inexistante produite par les choeurs d'hommes sardes, la quintina ou voix des anges.

Dernière chose, l'idée "ce que tu dis dans un commentaire, ça révèle plus de toi que de l'oeuvre", c'est une sorte de chose que je vois écrit sur internet depuis plus de dix ans, et qui me paraît essentiellement relié, socialement, à un manque pathologique d'implication (de la personne qui dit ça), même s'il y a du vrai là-dedans aussi, un peu.

Et en même temps que le refus d'implication extrême, c'est une violence extrême (la violence est essentiellement liée, pour moi, à la distance que l'on prend par rapport aux choses), car cela ne 'reconnaît' pas l'existence d'un être indépendant avec ses opinions, sur le POINT PRECIS de ce qui vient d'être dit. En disant cela, on nie complètement la faculté de raisonnement et la sensibilité du commentateur.

"Our first Duty is to the Truth"



isa le 03/06/2009 à 23:36:57
didonque, va falloir qu'on parle de la petite merveille qu'est la Fille aux Deux Soleils, hein? Dès que j'ai un peu de temps devant moi, je fais un article dessus (en ce moment, c'est panique au boulot, je fais des cours en plus pour remplacer un collègue blessé)
et tu parleras des prochains? et du recueil de nouvelles?
flo le 05/06/2009 à 10:43:13
Je te rejoins ISa sur ce dernier point ( sorry, je prends le train en retard, because boulot de nouveau et merde, je n'ai de nouveau plus le temps ....)

J'ai fait des rencontre de livres, souvent, comme des rencontre de gens. Je n'adhérais pas à tout, mais j'ai été vraiment à la rencontre... et j'ai pu évoluer. Mais il est vrai qu'on peut penser qu'ontologiquement (oups ce mot m'a échappé) nous sommes davantage que que ce que nous croyons et qu'en lisant autrui nous nous révélons peu à peu à nous-mêmes par accointances. mais c'est un peu tordu.

Alors je crois oui, comme Ile dans son très juste commentaire, que ton écriture qui a son univers de mots, de langue, de musique propre, est un bon exemple de ce qu'on peut déceler d'"autre" dans l'écriture d'un auteur et qui pourtant nous rencontre intimement.

Quant à l'âme, ce qu'on voit dans nos textes, pour moi, c'est son mouvement. Comme un signe tracé dans le ciel par le kérosène d'un avion de passage.... Et oui, souvent Ile, je trouve certains textes surfaits, comme une belle recette appliquée. Lorsque cela m'arrive d'écrire ainsi, je le sens chanter faux et j'ai l'impression que tout le monde l'entend si jamais je poste....
flo le 05/06/2009 à 10:44:13
J'ai oublié de dire : c'est un titre magnifique. J'aurais aimé le trouver...
Ile site : un-violon-sur-la-mer.over-blog.com | le 05/06/2009 à 18:17:53
Je viens de relire ce long fil. J'aime beaucoup découvrir ce que ressentent les autres devant un texte. Et ceux d'Isa sont très riches de sens possibles. Je ne saurais intervenir dans ce que disent Isa et Mahathma parce que la réflexion sur l'authenticité des posteurs de messages me laisse quasi indifférente (je l'avoue !), l'écriture me semble être tellement la possibilité de creuser ou de marcher vers quelque chose touchant au plus juste, qu'il me paraît d'une inutilité totale de jouer les effets, chercher les bravos ou courtiser les glorioles. C'est vrai que pleins le font, alors tant pis pour eux, ou plutôt, chacun fait ce qu'il peut et au final, c'est eux-mêmes qu'ils trompent le plus et ça c'est gravissime !
Flo, tu t'adresses à moi dans ton message au-dessus, je n'ai pas bien compris si tu voulais me dire que tu trouvais mes textes surfaits, ou si tu parlais d'autre chose ?! Au cas où ce serait la première hypothèse, alors considérons que c'est moi qui serait surfaite !!! parce que ce que j'écris c'est l'exact de ce que je suis ou ressens ; et plus le temps passe, moins je m'arrête à l'effet que je pourrais produire, il faut tant de vigilance pour essayer de ne pas tricher avec soi que l'image que je pourrais donner m'importe peu ; je n'ai qu'un but c'est celui de ne pas trahir ou perdre (ou le moins possible !) ce me relie à l'état le plus honnête de mon passage sur terre, en ce sens l'écriture est un outil merveilleux et je m'en sers toujours en le remerciant.
Isa, je suis d'accord avec Flo, ce titre est superbe !
isa le 08/06/2009 à 10:59:03
merci, Ile. Puisque Flo ne répond pas, je me permets de le faire à sa place : elle me semblait parler de ses propres textes, pas des tiens évidemment... Bises, à bientôt.
Ile site : un-violon-sur-la-mer.over-blog.com | le 08/06/2009 à 11:32:26
C'est parfois difficile, je trouve, de bien saisir le sens exprimé par clavier interposé ! Je profite de ce petit passage pour te redire que je trouve ton texte vraiment très beau ! Me donne-tu l'autorisation de le publier aussi sur mon blog ? Bises de l'île
flo le 08/06/2009 à 15:29:34
Ile, je répondais à ta réflexion sur le fait que certains auteurs écrivaient avec de belles recettes des textes en fait surfaits. Et que lorsque cela m'arrivait à moi, j'avais l'impression de chanter faux. Franchement tu me connais assez pour ne pas croire que je trouve tes textes surfaits! ;-)
isa le 08/06/2009 à 17:13:38
bien sûr, Ile, et merci de l'honneur que tu lui fais.
Ile site : un-violon-sur-la-mer.over-blog.com | le 08/06/2009 à 17:26:50
"De l'honneur" ? mais non Isa, juste la joie de partager la beauté que tu as su lui insuffler, je vais de ce pas le mettre sur mon blog !

Merci pour l'explication Flo, je n'avais pas bien compris ! Mais tu sais, je ne me serais pas offensée que tu aies pu trouver certains de mes textes, "surfaits", je suis bien consciente de la difficulté à "naviguer" au plus juste dans la vie et dans les mots !! Mais quand même je suis contente que ça ne soit pas ça... !!!

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