Journal de l'InsolubleJane et Janeaprès journée pleine, après partage de travail d'angoisse de chants et de danses, l'ambiance feutrée de la médiathèque, Jane Eyre vient mettre son nez juste devant moice n'est pas la première fois, c'est même la troisième: samedi une toute petite bonne femme l'avait laissée tomber et n'arrivait pas à ramasser le livre, il y a deux semaines il traînait ostensiblement sur un fauteuil, à côté de moi. d'accord, je me rends, je le prends...mais il est quand même incroyable de penser qu'en ce moment, ma toute préférée des soeurs Brontë puisse avoir quelque chose à me dire? sa puissance, sa poésie profonde, le flot en complète furie des passions, le temps désemparé, presque écartelé, quelque chose à me dire à moi en ce moment? mon précieux moment de presque concentration contemplation unité vibration création? Charlotte qui parle de Jane Austen, l'autre immense monument de l'époque avec sa soeur Emily, dans des termes de totale incompréhension. Elle ne comprend absolument pas comment on peut décrire ainsi le monde: structuré de manière égale, intelligent et précis, au second (troisième quatrième)degré, un monde où on rit beaucoup oui bon c'est vrai on ne rit pas beaucoup avec Charlotte Brontë, c'est vrai, l'amour la passion la rage les tempêtes ont avec elle une certaine couleur d'absolu premier degré...comment ces deux femmes si opposées, Jane l'auteur et Jane le personnage peuvent, pour moi, représenter le duo parfait du XIXème? et comment peuvent-elles ainsi s'exclure, toutes les deux, de cette manière? et pourquoi ai-je eu besoin de la première si souvent ces dernières années, et que maintenant, contre toute logique, j'ai besoin de la seconde? Article ajouté le 2007-01-08 , consulté 162 fois CommentairesIle le 09/01/2007 à 00:15:19Peut-être parce qu'on a besoin de toutes les parties de soi-même, et que, contre toute attente, elles se mettent en place toute seules, les unes après les autres, et qu'il suffit de les accueillir pour qu'à la fin du parcours, on soit rassemblé en Soi. C'est un peu comme ça que je vois les choses (ou plutôt que je les sens !) pour avoir été moi-même passionnelle et passionnée et puis être maintenant dans la joie du plus simple silencieux. Isa le 10/01/2007 à 00:14:22 oui tu as raison Ile, mais ce sont surtout ces deux grandes bonnes femmes qui m'intriguent, Jane Austen,Charlotte Brontë, ne pouvant pas trouver un chemin l'une vers l'autre alors que la première utilise le chemin de la réflexion pour arriver à l'émotion, alors que l'autre utilise l'émotion pour arriver à la philosophie et qu'à mon avis elles ont toutes les deux raison Ile le 10/01/2007 à 12:15:41 Je pense aussi qu'elles ont toutes les deux raisons, et c'est plutôt réconfortant, quelque chemin que l'on prenne peut nous mener à ce que l'on cherche. Tu as vu ce temps aujourd'hui !!! le printemps en plein hiver ! LiensVoir les articles de la catégorie " Journal Janvier 2007 "Retour aux articles |