Journal de l'InsolublePar le Silence Investi des oiseaux (extraits)(L'endroit où je travaille actuellement est très privilégié, il est entouré d'un grand parc méditerranéen, planté d'oliviers, d'agrumes et de multiples essences qui attirent les oiseaux. L'hiver, vers l'heure où traditionnellement nous terminons les cours, et de plus en plus tard à mesure que la saison avance vers l'été, des milliers d'oiseaux se rassemblent et conversent très longuement, et bruyamment, de l'autre côté de mes fenêtres. Puis, à un signal mystérieux, se taisent tous ensemble, soudainement, complètement. Le silence qui suit est extrêmement impressionnant, et investi d'une sorte de magie difficile à expliquer, mais que comprendront tous ceux qui écoutent eux aussi , tous les soirs, ce rituel d'endormissement des oiseaux.)je retiendrai ce nom de ma tendresse et mon amour je dirai très exactement que tu bouges dans cette dimension incarnée d'une épaule et je ferai je ferai complètement tout à fait ce qu'il faut pour ne plus te dessiner à faux à froid comme une entaille des échecs surprenants je dirai je dirai très exactement que tu bouges et je dirai que cet arbre éployé qui se penche en avant sur le mur se regarde comme le plus bel arbre jamais découplé sur mon papier de croix et comme l'eau exagérément verte et aussi comme l'eau exagérément verte et je te dirai, moi, qu'on ne dessine pas le vent -------------------------------------
-------------------------------------------- bleue, perte plus grise qu'océan
je résonne
des femmes étaient simples dans leur peur le ciel d'éclairs sur une épaule comme la litanie des matins ------------------------------------------ ce n'est pas très précisément comme le désespoir non ----------------------------- je vais seulement dire que je tremble --------------------------------------------------------
--------------------------------------------------------------------------- je le suggère tout ça n'est qu'un ample passage au début se lève un homme dans le champ par éclair de chaleur et quand la clarté n'est plus mais autre chose je poursuis -comment- mon ignorance un intervalle vide entre les mots entre pensées un intervalle et là grande comme une obligation je m'appelle chercheur de clefs comme un épuisement je passe et lentement revient l'éblouissement de l'eau oui lentement revient l'éblouissement de l'eau -------------------------- Isabelle Servant Ces extraits du recueil par le Silence Investi des oiseaux paraîtront dans la revue Triages n° 20 de juin 2008. (Triages : Rue du Fort 36170 Saint(Benoît-du-Sault) Merci très chaleureux au grand poète James Sacré de les avoir choisis pour moi et proposés au comité de lecture, démarche que je n'aurais peut-être pas osé faire de prime abord. Article ajouté le 2006-11-14 , consulté 230 fois CommentairesIle le 16/11/2006 à 11:30:54Eh bien, j'ai bien fait ce matin de venir sur ton site ! cet ensemble de textes est superbe. Le "Silence investi d'oiseaux" doit être un merveilleux recueil, je le crois. Très très beau Isa, sorte de grand silence après la lecture, silence plein et "investi". LiensVoir les articles de la catégorie " Poèmes d'I. Servant "Retour aux articles |